Les métiers de la com’ – Consultante en communication responsable

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Rencontre avec Marina Parisot, Consultante en  communication responsable.

Je m’appelle Marina Parisot, j’ai 24 ans. Après un an au sein d’une agence de communication responsable, je suis maintenant en service civique dans une association de santé environnementale, Générations Cobayes,et également freelance en tant que consultante en communication responsable. Ce double-emploi me permet d’avoir une base de travail fixe, tout en me laissant le temps de gagner en expérience et en réseau.

Quel est ton parcours ?

Au lycée, je voulais être journaliste, mais l’aspect créatif était très important pour moi, c’est pour ça que je me suis orientée plutôt vers la communication après un bac L. J’ai d’abord fait un BTS communication des entreprises, puis une 3e année DEESCOM Relations Publiques et Événementiel où j’ai travaillé en alternance à Airbus.
Comme il me manquait l’aspect web, j’ai intégré un master dans une école informatique/multimédia. J’aurais aimé qu’on me parle de Responsabilité Sociétale des Entreprises et de communication responsable durant mes études. Malheureusement, je n’ai pas eu un seul cours sur le sujet. Ma vocation professionnelle s’est dessinée progressivement, d’une part avec mon intérêt grandissant pour plusieurs causes (écologie, féminisme, cause animale) et d’autre part grâce à mes expériences professionnelles, bonnes et mauvaises.

En quoi consiste concrètement ton travail ?

Concrètement, je suis spécialisée dans la communication web auprès de clients engagés dans une démarche responsable (PME, associations, organismes). Je fais du conseil stratégique, du community management, de la rédaction et des relations presse.

Qu’est-ce que la « communication responsable » ?

Pour moi, la communication responsable c’est prendre en compte l’impact social, sociétal, économique et environnemental tout au long de son processus. C’est du bon sens sur le long terme. La communication responsable est très liée au web, aux médias sociaux. On voit par exemple apparaître de nouvelles formes de mobilisations, de dons. C’est un domaine en perpétuelle évolution.
J’aime bien me référer aux 3 piliers de la communication responsable, mis en place par le Collectif de Com Responsable :
-       l’ « imaginaire vrai » : c’est mettre en avant les qualités réelles du produit / service. Ne pas être dans l’exagération, l’invention de qualités farfelues ou de choses qui ne sont pas concevables. On aime bien les histoires en tant que consommateurs, mais l’histoire proposée doit correspondre à la personnalité et aux actions réelles de l’entreprise, à l’historique et aux qualités certifiées du produit.

-       « l’humain multidimensionnel » : il faut s’adresser au public en tant qu’humain avec toutes ses facettes. On ne parle pas qu’au porte-monnaie des gens mais à leur sensibilité propre, leur vécu, leur identité, ce qui leur importe vraiment au quotidien.

-       L’ « empreinte positive » : il faut penser à l’influence des produits, services, messages et moyens de communication sur la société. Un des points importants est par exemple d’inclure plus de diversité, d’être en accord avec les changements sociétaux. Je dirais même qu’il faut être en avance sur son temps, s’adapter continuellement, voir les tendances et être un réel acteur de changement.
Mais au final les « règles » de la communication responsable sont celles qui s’appliquent naturellement aux relations interpersonnelles : bon sens, honnêteté et bienveillance.

J’imagine que cette forme de communication doit faire face à certains défis ?

Oui. Il faut se réinventer en permanence, car le public est habitué au greenwashing, et se méfie de plus en plus des messages publicitaires. Surtout les nouvelles générations ! Mais c’est stimulant intellectuellement de trouver d’autres solutions, d’autres moyens, d’essayer d’être en avance sur son temps.
La com’ responsable, c’est un accompagnement sur le long terme, avec transparence et bon sens. C’est pour ça que j’ai du mal avec le jargon classique des agences de communication, qui parle de « cibles », de « développement durable »…

As-tu des projets en cours ?

Je suis actuellement en train de créer un collectif de free-lance en communication responsable, avec des ami-e-s de mon ancienne promotion (designer, développeur, référenceur). À côté de ça, je tiens un blog sur le mode de vie durable, que je souhaite développer (www.leblogbleu.com). L’année prochaine, j’aimerais poursuivre mes études avec un Master en sociologie « Genre, Politique et Sexualité ». Le sujet me passionne, et cela serait intéressant de faire la passerelle entre sociologie et communication responsable.
Il est important de questionner l’impact de la communication dans notre société, si l’on veut la changer.

Quelques conseils pour des étudiant-e-s en communication ?

Ce que l’on fait à côté de nos études est très important, voire primordiale. Que ce soit une passion, un projet personnel, ou un bon réseau, tout ce qui permet d’ajouter de la valeur à notre parcours est bon à prendre. Et bien sûr cela permet de mieux se connaître.
C’est pour ça que toutes les expériences professionnelles sont importantes, ne serait-ce que pour savoir ce que vous ne voulez pas faire.
Et si vous ne trouvez pas votre place sur « le marché du travail », créez-la. Personne ne le fera pour vous.

Lucie GOGUILLOT

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